L’Association « Solidarité Afrique »
intervient sur le site de Nianing depuis 1994, son engagement
a trouvé une réciprocité dans ses objectifs
avec la population de Nianing, les réalisations effectuées,
le travail partenarial avec les associations locales ont vu
la naissance d’un Comité de Pilotage qui, aujourd’hui,
permet d’envisager une extension de notre démarche.
Ce collectif a pour mérite d’être composé
de membres connus et reconnus par la population locale. Il est
également au fait de ses problèmes.
Nous avons pu observer et vérifier au cours de ces différentes
missions que le développement économique et social
de ce village était une priorité et qu’il
ne peut que reposer sur les capacités de la population
à créer une dynamique locale suffisamment forte
pour faire connaître ses besoins mais aussi pour les gérer.
Nianing est à la périphérie
de grands centres touristiques mais profite peu des retombées
économiques.
Les élus, mais surtout
les associations locales, les ONG sont très conscients
des difficultés auxquelles sont confrontés les
jeunes du village de Nianing, de M’Bour mais aussi ceux
du Centre de réadaptation sociale. Nous ressentons une
volonté très prononcée de s’investir
dans un mouvement qui leur permettrait d’accéder
à une vie économique et sociale plus proche de
leurs besoins.
Les raisons de ces difficultés
résident essentiellement sur un décalage entre
les situations sociales de la commune et des environs, et sur
une absence d’évaluation des moyens existants et
à développer. Il apparaît, en premier lieu,
qu’il y a une jeunesse grandissante n’ayant aucune
formation qualifiante ou inadaptée aux besoins économiques.
La scolarité de ces jeunes a dû souvent être
interrompue pour des problèmes économiques et
sociaux des familles.
Ces situations ne sont pas sans
conséquences ; souvent tous les moyens sont bons pour
faire face et pour subvenir aux besoins les plus élémentaires.
Ces besoins se traduisent par l’acceptation de petits
boulots au jour le jour (guide pour touristes avec tout ce que
cela engendre, vendeur ambulant, ou bien des emplois tout ce
qu’il y a de plus précaire).
Pour certains jeunes, la cellule familiale arrive à faire
face du mieux qu’elle peut pour leur éviter de
se retrouver à la rue, mais, pour la plupart, il n’y
a pas d’autre issue.
Une deuxième raison nous
pousse à dire que notre inscription dans le développement
de Nianing ne peut se limiter à panser des plaies. Un
travail de fond doit être mené pour diffuser des
stratégies préventives, curatives, mais aussi
créatives, le travail en réseau avec les locaux,
les ONG, nous semble être une donnée fondamentale
pour la réussite de notre démarche à tous.
L’analyse faite par les
personnes que nous avons rencontrées, le constat que
nous en faisons aujourd’hui, nous amènent à
dire qu’il y a un réel problème de formation
et de qualification professionnelle. La réalisation d’un
Centre de Formation, en partenariat avec d’autres O.N.G.
et le Gouvernement Sénégalais, n’émane
pas de Solidarité Afrique, mais bien de l’ensemble
des personnes ressources les plus proches de la réalité.
L’Association « Solidarité
Afrique » accepte d’en être le maître
d’ouvrage, et de se donner tous les moyens pour en rechercher
les financements et veiller a l’engagement de la population
et des responsables locaux de Nianing.
PRESENTATION DU SITE DE NIANNING
Cartographie de la communauté rurale de Malicouda
- Situation géographique
A un peu moins de cent kilomètres
de Dakar, le village de Nianning se trouve dans la communauté
rurale de Malicounda, Sous-Préfecture de Nguékokhe,
département de Mbour, région de Thiès.
Il est limité, au nord par Warang, au sud par Pointe
Sarrène, à l’est par Gagnabougou et Mboulème
et à l’ouest par l’Océan Atlantique.
Il est à huit kilomètres de la sous préfecture
Mbour et sur la route de Joal.
- Cadre écologique
Nianning, village de la
petite côte, bénéficie d’un climat
côtier avec comme vents dominants l’Alizé,
la brise maritime et l’Harmattan en saison sèche,
la mousson ne soufflant qu’en saison des pluies.
La pluviométrie de Nianning est généralement
déficitaire.
Deux types de sols prédominent
: les sols Dior jusqu’à Mboulème et les
sols Deck dans la forêt classée. On y trouve comme
types d’arbres : le Déem, le Sump et le Balanite
Egypta ou Sourour. Au regard des sols, du climat et de la pluviométrie,
les possibilités en matière agricole semblent
limitées. Néanmoins, la position géographique
favorise le développement d’une pêche artisanale
et d’un tourisme en plein essor.
DONNEES DEMOGRAPHIQUES
- Composition et répartition de la
population
La population de Nianning est
estimée à 5 636 habitants selon le recensement
du mois d’août 1999 et a doublé en vingt
ans. Les raisons suivantes justifient cette augmentation :
· Implantation des hôtels (Club Aldiana et domaine
de Nianning) et de plusieurs campements touristiques ;
· Amélioration des services de santé ;
· Accès facile à la localité ;
· Avantages liés à la position géographique
(mer = climat doux) ;
· Migration des populations de l’intérieur
du pays.
DONNEES SOCIO-CULTUELLES
- Situation des scolaires
On distingue trois types d’écoles
dans le périmètre de Nianning : l’école
publique, le privé catholique (une école maternelle)
et l’enseignement coranique.
Malgré le taux de scolarisation qui s’élève
à 57 %, on note beaucoup de déperditions et non
inscriptions dues à la précocité du travail
des enfants et à l’influence du tourisme.
- Alphabétisation
Des expériences de programmes
d’alphabétisation des femmes pour plusieurs raisons,
entre autres :
· L’inadéquation de la langue de formation
(wolof)
· La non disponibilité d’un formateur issu
de la localité
· L’inadéquation
du calendrier de formation par rapport aux activités
des femmes
· L’inexistence et l’indisponibilité
d’infrastructures et d’équipements pouvant
abriter les cours.
D’une manière générale,
ces programmes n’étaient ni fonctionnels, ni adaptés.
L’importance et la diversité des activités
des femmes permettent d’affirmer qu’un programme
d’alphabétisation fonctionnel est nécessaire.
Il favoriserait le renforcement des capacités de ces
dernières. Un tel programme se justifie au regard des
conditions favorables suivantes :
· Une forte demande ;
· Des besoins de formation en gestion des activités,
en assainissement du milieu et en transformation des produits
de la mer ;
· L’engagement des bénéficiaires
à participer à la réussite du programme,
aussi bien financièrement que sur le plan du suivi –
fonctionnement ;
· L’existence du potentiel humain capable de recevoir
la formation et la multiplier ;
· La création d’un lieu de rencontre formel
et informel pour permettre à des projets locaux de voir
le jour.
FAISABILITE DU PROJET
La faisabilité de ce projet
fait suite à de nombreuses observations qui se sont opérées
durant ces dernières années Elles ont clairement
mis en évidence les manques et les besoins dont souffrait
la jeunesse de Nianing et de ses environs. Elles ont fait apparaître
la nécessité d’un travail en harmonie et
en synergie avec le réseau local les services publics,
les enseignants, les élus.
Comme nous le faisons pour JOALH nous avons demandé la
contribution du conseil national de la jeunesses afin d’apporter
des éléments socio-culturels et d’échanges
avec la France.
LE PUBLIC
Le public : nous sommes très attachés
à ce que les jeunes, filles et garçons, qui entreprendraient
une formation technique, sortent d’un cursus scolaire
pour profiter au maximum de leurs acquis, mais nous savons que
pour la majorité cela n'est le cas, la réalité
sociale du village est bien au-dessous. Pour permettre à
un maximum de jeunes de profiter de se dispositif, nous avons
songé à des formations modulables et progressives
ouvertes au 12/18 ans.
L’accès à la formation se
fera selon deux critères : les compétences et
le niveau d’alphabétisation :
Niveau 1 – jeunes ne sachant pas lire, ni écrire
mais ayant acquis déjà certaines compétences
dans les différents secteurs d’activités
(bâtiment, agriculture, élevage, métallurgie,
pêche, etc.) et nécessitant une prise en charge
plus affinée en consolidant leurs savoirs par l'acquisition
de la lecture et l’écriture.
Niveau 2 – jeunes ayant été scolarisés
et possédant la maîtrise de l’écriture
et de la lecture pouvant plus rapidement intégrer le
marché du travail.
LE RESEAU D’APPUI
Nous savons par expérience qu’il
existe un potentiel énorme d’associations et de
collectifs intervenant au Sénégal avec lesquels
nous avons déjà travaillé et partagé
la réalisation de projets. Nous connaissons également
les ressources locales pour ne pas craindre de nous trouver
isolés sur ce projet.
Notre antenne au Sénégal a déjà
beaucoup œuvré dans ce sens en apportant de la cohérence
et en développant notre réseau d’appui.
Autour de l’intérêt que peut apporter cette
réalisation, qui s’inscrit dans le développement
économique et social de Nianing, nous avons pu constater
qu’il y avait une réelle attente.
Ont déjà été associés
à cette réflexion et qui devraient constituer
le Comité de Pilotage du village :
- la Présidente du groupe femmes du village ;
- le Directeur de l’école publique et les instituteurs
;
- le Directeur de l’école privée catholique
« Sacré Cœur » ;
- le Directeur du Centre Réadaptation sociale à
Nianing (Ministère de la Justice) ;
- le Chef du Village ;
- l’A.D.S.I.N. (Association pour le Développement
et la Sauvegarde de Nianing) qui œuvre à promouvoir
le développement socio-économique du village.
Elle aide les femmes à trouver des marchés (contrats
de commerce) et en entreprend d’autres pour les jeunes
;
- l’A.S.C.-MAGG-DAN qui intervient dans le domaine de
l’entraide et de la solidarité. Elle a comme activités
principales l’organisation de lutte traditionnelle, l’octroi
de crédits pour l’acquisition de moteurs hors-bord
et la gestion de banques céréalières ;
- le G.R.I.N. (Groupement de Recherche et d’Initiative
de Nianning) qui s’attache à la recherche de fonds,
à l’investissement humain et à l’appui
à la santé. Ce groupe a réalisé
le pont qui relie Tokosulub et Sanc, deux quartiers de Nianning.
Il mène aussi des actions de sensibilisation (moralisation
de l’action des antiquaires, guides touristiques et marchands
ambulants) ;
- le responsable du Centre de Santé de Nianing et du
secteur intercommunal ;
- les élus locaux, les entreprises de proximité
;
- les formateurs de CARITAS ;
- le Directeur du Centre de Formation de JOAL ;
- le Syndicat d’initiatives et de tourisme – antenne
Nianing ;
- le groupe de santé du village de Nianing qui est également
le groupe technique qui supervise l’activité du
poste de santé ;
- l’association « planète santé »
;
- le Directeur du centre de réadaptation de Nianing.
Nous concernant, nous avons la possibilité,
de par notre réseau, de venir soutenir sur le plan technique
cette démarche. Nous avons des volontaires et des bénévoles
qui sont prêts à apporter leurs savoirs et leurs
compétences.
LE FINANCEMENT
Le co-financement reste la clef de voûte
de la réalisation de ce projet car il fait appel aux
pouvoirs publics, aux collectivités locales, C.E., mais
aussi à des donateurs privés. Il est clair qu’une
telle réalisation ne peut prendre corps sans un engagement
réel et concret des pouvoirs publics Sénégalais,
de la Commune de Nianing, des collectivités locales tant
sur le plan technique que financier. Notre responsable d’antenne
Sénégal a pour mission de faire le lien avec ces
différentes instances.
Nous avons également entrepris les démarches
nécessaires pour une reconnaissance de Solidarité
Afrique – Sénégal pour nous garantir des
facilités administratives, une prise en compte des formations
par l'Education Nationale, un travail étroit avec la
coopération, un allégement des taxes douanières,
et permettre l’envoi de matériel par containeur.
Les financements qui ont permis à ce jour
l’acquisition du terrain et la réalisation des
ateliers, des garages ont été portés par
l’association (donateurs privés, manifestations,
brocantes, etc). La suite de la réalisation ne peut se
faire sans un apport conséquent pour un démarrage
des activités a la rentrée 2003.
Pour des questions d'espace et de fonctionnalité, nous
avons dû faire une convention de location au cœur
du village ou l'atelier métallerie devrait être
opérationnel dès septembre 2003 avec un formateur
technique et 5 jeunes du village.
ENCADREMENT TECHNIQUE & PEDAGOGIQUE
La compétence de l’encadrement d’un
tel dispositif est incontournable si nous voulons à moyen
terme une reconnaissance des entreprises mais aussi des pouvoirs
publics Sénégalais. Au minimum, il est nécessaire
d’avoir :
1 – un coordinateur pour assurer le management
de la réalisation du Centre avec des connaissances du
public, des capacités réelles à la gestion
du personnel et une approche très précise des
données économiques du pays ;
2 – trois formateurs techniques et pédagogiques
pour chaque secteur d’activités dont le recrutement
sera progressif et en fonction du développement des secteurs
d’activités. Ces formateurs techniques et pédagogiques
auront une formation initiale dans un domaine d’activités
(bâtiment, maraîchage, hôtellerie…).
Il sera envisagé, après vérification, de
leur apporter un complément plus spécifique, si
nécessaire.
3 – un contrat d’objectifs sera défini
chaque année avec l’équipe pédagogique
sous le contrôle du Comité de pilotage et sous
la responsabilité du coordinateur.
FORMATION ADAPTEE LOCALE
La sélection se fera avec :
- des évaluations en français et mathématiques
;
- des exercices de logique (capacité à intégrer
des connaissances) ;
- les motivations / les contraintes (familiales, par exemple,
freinant ou limitant l’assiduité) ;
- les qualités et les capacités personnelles pourront
être prises en compte (maîtrise de la langue nationale,
du français oral, adaptation à un groupe…).
Un premier module permettra aux jeunes, filles
et garçons, de se déterminer en fonction des différents
secteurs d’activités proposés et en tenant
compte de la réalité économique et sociale
de chaque jeune pour éviter une déstabilisation
des familles.
.cf. : Module d’orientation
Un deuxième module sera en lien direct avec l’apprentissage
professionnel. Il ne s’agit pas de faire des mathématiques
et du français mais plutôt une mise en relation
d’acquis avec des besoins repérés qui leur
permettront de savoir lire une commande, et prendre des mesures.
Les jeunes de niveau 1 pourront dès les
premières bases acquises voir rapidement l’utilisation
qu’ils peuvent faire de la lecture et de l’écriture
dans leur vie professionnelle. Dans l’ensemble, il s’agira
d’une remise à niveau fonctionnelle. Quelques notions
fondamentales concernant l’histoire, la géographie,
la civilisation africaine seront l’occasion d’échanges
favorisant une ouverture et développant la capacité
à s’inscrire dans sa propre histoire et s’en
sentir acteur.
De même, il nous semble indispensable d’intégrer
à ce module des éléments concernant une
sensibilisation et une éducation à l’hygiène
et à l’environnement. Par exemple les conséquences
de l’utilisation d’engrais dans l’eau, les
intérêts et conséquences des dépôts
d’ordures, etc… Un module de remise à niveau
pourra être envisagé avec les adultes du village.
MODULE DE FORMATION TECHNIQUE
1) Métiers du bâtiment
: maçonnerie, bois, métal, électricité,
peinture…
ð Notions fondamentales
· sol et terrassement
· matériaux de construction (pierre, sable, liants…)
· outillage
· bois : propriétés, physiques, assemblages
simples…
· métaux : assemblage, soudure…
· peinture : classification, emploi
· emploi de matériaux divers : troncs d’arbres,
paille, matériaux locaux…
ð Travaux pratiques
· maçonnerie en fondation
· maçonnerie en élévation
· canalisations / fosses septiques
· bâtiments d’élevage : poulailler,
etc…
· bois : clôtures, charpentes, portes, fenêtres…
2) Maraîchage / élevage
cf. : module professionnel
= construction du centre d’hébergement pour être
le premier support technique d’apprentissage
3) Couture
· différents tissus
· utilisation de machines électriques / mécaniques
qui nous ont été fournies par le Lycée
Diderot à Lyon et qui pourra apporter un soutien technique
au développement de cet atelier
· coupe, montage, finition
· utilisation d’un patron
· retouches
· les différents points
· batik / teinture
4) Hôtellerie : accueil, service, cuisine, (la cantine
du centre pourra servir de restaurant d’application à
l’école primaire du village qui accueille des enfants
venant de villages de brousse)
La formation est :
1) certificat de stage
ou
2) qualification professionnelle
ou
3) Diplôme d’Etat (C.A.P.) reconnu par l’Education
Nationale
Le financement de ce secteur d’activité devrait
être pris en charge par le service prévention de
Bégles dans le cadre d’un chantier de développement.
Les premiers modules de formation technique mis en place seront
les métiers du bâtiment, la section couture, le
maraîchage / la pêche, l’élevage. La
demande est également forte au niveau des métiers
de l’hôtellerie.
Le domaine d’application de l’agriculture et du
bâtiment sera immédiat puisqu’il s’agira
de construire le Centre de Formation pour héberger les
stagiaires, produire de quoi les nourrire et si possible soutenir
la cantine de l’école primaire. Les hôtels
et restaurants de Nianing pourront servir de lieux d’application.