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Cahier de bord Sénégal (2002-2004)

PREAMBULE

L'Action de Solidarité "Lyon-Bègles-Nianing"

C'est l'histoire d'un groupe...
Un groupe composé de huit jeunes gens (quatre garçons et quatre filles, âgés de 18 à 21 ans, en octobre 2002, issus de différents quartiers de Bègles) et de deux éducateurs, Maria Marques et Mounir Smail qui les accompagnent dans cette aventure.

Mais avant cela...

* * * * *

Il était une fois Mounir Smail, jeune de la banlieue lyonnaise, qui a connu l'expérience du volontariat, il y a une dizaine d'années. Avec d'autres jeunes et des éducateurs de cette région, ils ont mené plusieurs actions en Afrique et ont fondé "Solidarité Afrique". Cette Association a créé un vaste réseau sur la région lyonnaise et dans différents pays d'Afrique dont le Sénégal.

C'est fort de cette expérience que Mounir, éducateur à Bègles à l'Association de Prévention Spécialisée a souhaité transmettre, valoriser son savoir-faire, en nous faisant partager son rêve, à l'équipe et aux jeunes.

Tout d'abord, il fallait se rendre à l'évidence. C'était du domaine du possible mais il fallait le construire. Nous avions une chance et une opportunité : "Solidarité Afrique" nous offrait son soutien logistique. "Solidarité Afrique" a des besoins pour accentuer son action.

A Bègles, nous avons manifesté un certain goût pour la pêche. Il était possible de créer un lien avec le village de Nianing situé au bord de mer au sud de Dakar et, en particulier avec le centre de formation de jeunes, en initiant avec eux un "pôle pêche".

C'est sur cette base que ce sont mobilisés les jeunes béglais : chercher des moyens pour lancer la construction de pirogues et de filets de pêche.

Aller sur place pour construire une relation avec les jeunes locaux, dans la durée....

Pourquoi partir? Pourquoi ne pas essayer de se mobiliser sur des projets de solidarité près de chez soi ?

Le rêve est une nécessité. Il permet de se décaler de ce qui fait son quotidien, de ses soucis.

* * * * *

En Janvier 2003 après trois mois de rencontres et d'échanges, le groupe est constitué. Il est composé de huit jeunes (quatre garçons et quatre filles) de dix huit à vingt deux ans, issus de plusieurs quartiers de Bègles, ayant des parcours diversifiés.

Entre Janvier et Octobre 2003 s'est déroulé une phase de construction active, pendant laquelle le groupe a vécu des évènements intenses, des rencontres. Cela a été une véritable aventure dans laquelle les jeunes ont été acteurs, en proposant, organisant et participant à différentes manifestations, en rencontrant d'autres jeunes avec des projets similaires.

¡ Janvier 2003 organisation d'un tournoi de foot,

¡ Mai 2003 Fête de la Morue : information et accueil du public, stand restauration,

¡ 31 Mai 2003 Défilé de Mode : repas Africain,

¡ Juin 2003 Tombola : voyage à Lyon, rencontre avec l'Association Solidarité Afrique et avec un groupe de jeunes travaillant sur un projet de réhabilitation de la Maison de Léopold Sedar Senghor au sénégal.

 

Fin 2003 le voyage a été subventionné par la cellule V.V.V. dans le cadre des projets sur la mobilisation des jeunes et par le Conseil Général dans sa phase de préparation et de rétrocession.

Des sponsors privés nous ont apporté leur soutien et nous avons bénéficié d'une partie des fonds de Karbone 14.

L'Association de Prévention Spécialisée de Bègles a complété le budget. Le groupe va pouvoir effectuer le chantier à Nianning début 2004, du 12 Février au 2 Mars.

Nous rentrons dans la phase de concrétisation, aboutissement du projet qui génère un autre type d'angoisse, de stress.
Chacun va être confronté au rapport entre son attente, ses espoirs, ses représentations et la réalité du voyage, de la rencontre de l'autre là-bas.

Dans cette action, au-delà du projet commun, de cette création sociale collective, c'est la question du rapport de chaque personne du groupe aux autres, son rapport à la solidarité qui est travaillée.

Notre rôle, à nous éducateurs, est alors de permettre que chacun puisse exprimer et travailler cette question de manière particulière, personnelle, en prenant appui sur le groupe.

Il est difficile aujourd'hui de mesurer tous les effets d'un tel projet, non seulement sur les jeunes concernés, mais aussi sur leur entourage, leur environnement et en particulier les autres jeunes.

Ce type de projet qui s'inscrit dans le temps, la durée, va à l'encontre de ce qui est proposé dans la société d'aujourd'hui : la consommation et le plaisir immédiat.

Il a fallu prendre des risques. Le premier était d'abord d'en ignorer l'issue, tout en y croyant et en faisant le maximum pour y arriver.

Au-delà de l'aboutissement d'un tel projet, qui est d’aider d'autres jeunes dans un pays en voie de développement, il nous a paru intéressant, à Mounir et moi-même, de construire avec le groupe les moyens d’y arriver. Dans cette construction c'est aussi à leur propre construction (projets individuels, insertion professionnelle...) que nous avons travaillé.

 
© Solidarité Afrique (2004)